Rétro Test (2001) : Minolta Dimage 5

Lorsque Minolta (dont la branche photo a été depuis rachetée par Sony) lance les Dimage 5 et 7, le fabricant Japonais fait naître beaucoup d’espoir. La nomenclature ne le laisse pas présager mais le premier est équipé d’un capteur de 3,3 millions de pixel et d’un zoom 35-250 quand le second capture en 5 millions de pixels et profite d’un zoom plus homogène de 28-200 (qui sera utilisé pendant de longues années sur les A1, A2 et A200).

A une époque où le renouvellement des gammes n’est pas très rapide, le Dimage 7 va devenir rapidement une référence. Son petit frère, le Dimage 5, utilisant le même boitier, évolue dans son ombre et constitue un point d’entrée vers des appareils encore excessivement chers.

Des spécifications intéressantes

Les bridges sont, pour le consommateur lambda, au moment du lancement des Dimage 5/7 la meilleure alternative aux Reflex numériques (Nikon D1, Canon D30, Canon 1D) dont les prix qui commencent à 3000€ sont hors de portée du consommateur lambda. Le Dimage 5, s’il ne dispose pas d’un véritable grand angle avec un champ commençant à 35mm, offre tous les attributs de son grand frère. Les modes PASM sont au rendez-vous, le zoom à réglage manuel est bien disponible, tout comme l’écran de contrôle façon Reflex… En revanche, le viseur électronique est pas franchement une réussite avec des effets de pompage récurrents. Il faut souvent utiliser l’écran au dos de l’appareil (1.8″, 112.000 pixels) pour plus d’efficacité mais au prix d’une consommation d’énergie supplémentaire. Dans l’ensemble l’ergonomie est bien pensée et les contrôles manuels, souvent oubliés aujourd’hui, sont nombreux.

Absence d’autonomie mais une gestion des ISO correcte

Mais, chose que les concepteurs se sont bien gardés de dire, c’est qu’en adoptant comme alimentation quatre piles (ou accus) AA, l’autonomie de l’appareil apparait très vite comme limitée. Ainsi souvent au bout d’une heure trente d’utilisation, l’appareil rend l’âme obligeant à jongler continuellement avec des jeux de piles. Malgré l’augmentation sensible de la capacité des accus (souvent de 1200 ou 1600mAh à cette époque), le problème ne sera jamais solutionné. Et même aujourd’hui avec des 2500mAh ou 2700mAh, on se retrouve dans l’incapacité à tenir une journée avec l’appareil.

C’est dommage surtout face aux prestations photographiques. Le « gros » capteur du Dimage 5 résiste bien jusqu’à 400 ISO (une bonne prestation en 2001) et profite de la qualité de son objectif « GT » et de dont ouverture de 2.8/3.5. Dans l’ensemble l’autofocus fonctionne bien mais des défaut de mise au point sont constatés, l’appareil devant s’y reprendre à plusieurs fois pour faire le bon focus.

Des prestations au dessus de la moyenne ?

Il faut se projeter en 2001/02 pour relativiser ce qui, aujourd’hui, est rédhibitoire. Mais quand l’autonomie n’est pas au rendez-vous, c’est la frustration qui prend le dessus. Ainsi, on ne parle pas de centaines de photos d’autonomie mais de quelques dizaines de minutes. Difficile de dépasser l’heure et demi d’utilisation continue. De nos jours, les progrès des accus redonnent un peu de vigueur au Dimage qui double son autonomie avec les capacités actuelles (en 2001, les capacités maximales sont de 1600mAh avec une tenue de la charge dans le temps bien inférieure au accus hybrides de maintenant).

Du coût sur le terrain malgré des capacités optiques avérées, cet appareil oblige malgré tout à garder continuellement un oeil sur la jauge d’énergie avec la crainte de se retrouver en panne sèche. Face à Canon et son G1, Minolta avait un handicap malgré l’ambition globalement réussie de faire un appareil abouti.

Tests

Sur Dpreview : http://www.dpreview.com/reviews/minoltadimage5/


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