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Panasonic DMC-LX100, le grand oublié des compacts experts

Quand on choisit un compact expert c’est sans arrière pensée. Nous recherchons un appareil solide, performant, et offrant des réglages variés pour sublimer la prise de vue. L’arrivée des appareils hybrides avait changé un peu le donne, rajoutant un échelon supplémentaire de choix. Il faut dire que, bloqué sur des petits capteurs, le compact hybride a eu bien du mal à résister à la baise drastique des prix des reflex d’entrée de gamme qui proposaient au final bien plus pour moins cher…

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C’est l’histoire d’un LX100…

Certains avaient même prévue une belle mort pour des appareils trop élitistes en terme de prix et bridés par leurs caractéristiques techniques. En 2015, certains ancêtres ont bien du mal à survivre, tels que Fuji X30 ou Canon Powershot G16 face à une nouvelle génération de compact qui a su prendre l’appel d’air des appareil hybrides. Lignes compactes, plus gros capteurs, ils sont désormais armés pour retrouver une place plus dorée. Dans la presse deux ténors tentent de se partager le marché les Sony Cybershot RX100 dans plusieurs déclinaisons, et les Canon Gx (G1x, G7x, G3x…). Peu de place est laissée aux autres.

Compacts, d’une belle finition, ils annoncent la couleur avec des spécifications alléchantes (faible ouverture, fonctions PASM, réglages à foison, et un capteur plus gros 1′). A renfort de publicité et d’articles élogieux, ces appareils ont une grande visibilité vis à vis des amateurs experts.

Comme dans chaque histoire, il y a des adversaires malheureux, et dans notre cas c’est un certain Panasonic DMC-LX100. Les fiches techniques ont aujourd’hui une prépondérance dans le choix alors que la réalité du terrain peut être tout autre. Hérité des LX1, LX2, LX2 et du plus controversé LX7, le LX100 reste dans une grande tradition de compact expert qualitatif chez Panasonic. Sur ce modèle, on sent clairement les affinités avec le partenaire Leica.

Sorti un peu à contretemps de ses concurrents, il subit la loi du commerce et n’est présent en rayon d’un magasin sur dix ce qui n’aide pas non plus face au RX100, roi de la grande distribution. Et autre écueil, Panasonic poursuit sa stratégie de déploiement de sa gamme hybride et lance en face du LX100 le GM1 puis le GM5, des hybrides relativement compacts. Bref, notre ami LX100 se retrouve dans une situation commerciale bien fâcheuse.

Des spécifications trompeuses

Officiellement la course aux pixels, un best des années 2010, s’est terminée. Dès lors ce n’est plus une mauvaise idée de baisser la résolution d’un capteur. La majorité des fabricants (sauf Sony) l’ont fait sans que cela se remarque forcément. Sur le LX100, ce sont les choix techniques qui handicapent la résolution de l’appareil avec le maintien, comme sur les précédents LX, du choix  d’un ratio d’image du 1:1 au 16:9 rognant la zone de capture sur le capteur. Et hop d’un coup le capteur 4/3 16mpix perd 4 millions de pixels sur ce simple choix au combien discutable. Du coup avec 12mpix, le LX100 fait office de parent pauvre du secteur.

Remontons quelques années plus tôt, où le fait d’avoir 5 millions de pixels était un luxe… De façon plus pragmatique, ces 12 millions de pixels pourront être pénalisant pour des tirages en A3 de photos recadrées. Pour Rappel la résolution classique des tirages est de 300 dpi (soit 300 points sur 2,54cm). Autant dire que la résolution du LX100 est largement suffisante pour du A4. Autre élément important, le micro contraste. Sur les RX100 et G7X, le gain effectif des 8 mpix supplémentaire n’est pas significatif au delà de la plus faible sensibilité. La montée progressive du bruit gomme l’avantage de cette plus forte densité et au final en basse lumière le LX100 sort vainqueur.

Édit 05/12/16. En pratique sur des impressions d’Album Photobox en double A4, il faut bien reconnaître que la « faible » résolution ne semble pas pénalisante à défaut de rendre un rendu aussi clair qu’une photo 24mpix full frame. La qualité du micro contraste et de la gestion du bruit permet d’effectuer des tirages assez larges.

Avec un gabarit supérieur aux RX100 et G7x, il s’affirmerait moins séduisant. Sauf que ce que ne disent pas les comparatifs, le LX100 ne joue pas dans la même cour. Le LX100 se rapproche plus d’un Panasonic GM5 ou d’un Sony p6000 que d’un RX100 de part ses spécifications. Déjà son capteur est plus gros. D’autres part son objectif, bien que fixe, se rapproche plus d’un caillou à 800€ que d’un vulgaire bitoniau collé devant un capteur de compact. Les spécifications de son objectif sont remarquables et son travail à hautes sensibilités est transcendé par le mode RAW (également disponible sur le RX100 et le G7X).

Le LX100 va surtout vous replonger dans un passé pourtant pas si lointain, celui d’appareil aux multiples réglages accessibles directement. Tout ou presque est accessible avec des boutons d’accès direct, une situation paradoxalement déroutante pour la majorité des utilisateurs. Pas de menu global, pas d’écran tactique, est-ce une faute de goût ? En tout état de cause, ce ne serait pas dans le sens de l’histoire…

RX100, G7X ou LX100 ?

Dans le monde des semi-conducteurs et de l’informatique grand public, l’argumentaire commercial a souvent le dernier mot. La compacité des RX100 et G7X combiné avec d’excellentes prestation photographiques en font des outils remarquables mais, parce qu’il y a un mais peuvent laisser un arrière goût. Le RX100 n’arrive qu’à partir du mark 3 à le cheville du LX100 question optique et côté prix ce n’est plus la même histoire. En matière d’ergonomie le LX100 se rapproche plus de ce qu’on attend d’un appareil expert avec nombre de réglages directs. Les G7X et RX100 ont de leur côté l’énorme avantage de tenir dans une poche de chemise et finalement d’offrir, dans un taille réduite, un excellent compromis entre qualité d’image et performances globales. Le LX100 s’affirme presque comme un bon compromis entre Canon G1X mk II et Canon G7x.

Ces faits sont là pour affirmer haut et fort que le LX100 de Panasonic mériterait une meilleure place dans l’estime des critiques et même des utilisateurs. Le RX100 fait payer le prix fort de ses spécifications. Il peut malgré tout laisser les utilisateurs sur leur faim. Le G7X en véritable outsider sait profiter des parts de marché qui restent et pourtant sur bien des points a encore une marche de retard (mode de charge, gestion des panorama, vidéo, …).

Il faut se rappeler que le choix d’un appareil est dicté par ses habitudes photographiques. Avec un objectif débutant à 24mm avec  une ouverture de f1.7 et au pire f2.8 aux focales supérieure, le LX100 est imbattable sur le créneau des compacts experts dans sa maîtrise de la lumière. Son ergonomie lui donne un petit air de Leica, on n’aime ou on n’aime pas. L’amateur qui recherche avant tout d’une bonne gestion de la sensibilité, ne peut passer à côté de ce LX100 dont l’objectif est à ce jour sans équivalent dans la gamme micro 4/3. Le randonneur soucieux du poids va préférer probablement le G7X plus polyvalent en terme de focale et disposant d’une bonne autonomie comme le LX100. Bizarrement le RX100 qui est le plus vendu des trois, profite surtout de sa bonne presse et d’un atout, celui d’avoir été l’un des premiers de la série des compacts expert à gros capteur.

Conclusion

Dans la démarche d’achat, il faut considérer tous les contraintes et habitudes qui décrivent votre activité photographique personnelle, et peser ce qui sont pour vous des caractéristiques non négociables (cela peut être le prix), et ce qui convient d’apprécier comme convenables ou non. Aujourd’hui l’atout majeur d’un appareil par rapport à un autre est sa capacité à délivrer une meilleur qualité d’image dans vos conditions d’utilisation et dans votre budget. C’est aussi la raison pour laquelle, nous sommes souvent sur la réserve face aux essais parus dans la presse qui ne relativisent pas les performances des appareils et qui sont souvent trop ou pas assez critiques.

Dès lors le RX100 est l’exemple même de l’appareil qui fait envie à tout le monde (certains auraient même abandonné leur reflex pour lui !) mais qui dans les faits reste handicapé par certaines de ses spécifications techniques. Il faut en effet arriver au mk3 à 750€ pour bénéficier d’un objectif 24mm, d’une ouverture plus favorable et d’un viseur électronique. Pour être concret le G7x fait mieux. L’ergonomie du RX100 est aussi perfectible avec l’absence de grip qui pénalise sa prise en main. Manifestement les concepteurs ne font jamais de photo au long cours. L’excellence de la fiche technique ne doit pas faire oublier qu’il ne s’agit pas d’un simple objet pour briller en société. Dans ce cas optez pour le dernier iphone !

Ne jetons pas la pierre à Sony, ne faisons pas trop de louanges à Panasonic ou à Canon. Le LX100 est un appareil bien né qui nécessite plus d’égards de la part des commerçants et des utilisateurs. Ses spécifications et son ergonomie ne plairont pas à tout le monde. Il faut simplement se rappeler que la résolution ne fait pas tout. Regardez du côté de Sigma qui avec ses capteurs Foveon délivrent de plus faibles résolutions sans pour autant négliger la qualité d’image…